Récit

"Ode à la défaite" de Ignacio Vivanco

22/2/2022
Ignacio a participé au concours destiné aux écoles secondaires. Après sa défaite au Quart de Finale, il a voulu mettre des mots sur sa frustration.

Pour rappel, chaque année, nous organisons un concours destiné à 9 écoles bruxelloises. C'est à travers cette activité que nous l'avons rencontré. Lors de la compétition, son équipe a été éliminée au Quart de Finale. Après cette “défaite”, il a ressenti le besoin de mettre en récit son aventure pour mieux la sublimer en prenant la parole lors de la Demi-Finale. Le public ainsi que sur les élèves encore en lice ont vraiment beaucoup apprécié cette intervention, mais ce discours a surtout eu un réel effet thérapeutique sur Ignacio. Son audace et sa détermination nous ont permis de passer un joli moment, je vous laisse à votre tour, avec ses mots !


Ode à la défaite

Mensonge, ambition, retard, moustique et injustice.
Nombreux sont les éloges paradoxaux qui cassent les préjudices.
Tous ceux qui m’écoutent ont dû en écrire un, qu’il soit profond ou bête,
Mais on a omis de parler de celui qui en concerne certains, à savoir la défaite.

Je ne suis pas demi-finaliste, donc la victoire n’est guère envisageable.
Je suis réduit à observer, à me fondre dans le décor, pitoyable.
J’aurais pu parler la dernière fois, et représenter mon groupe, Aristote,
Mais un mal de gorge m’a maintenu dans le public, décevant mes compatriotes.

Trois réflexions trottent sûrement autour de vous :
Il est vrai que la défaite, on la retrouve partout !
On la ressent dans la tête, au cœur voire aux genoux !
Et qui est ce garçon qui se lamente devant nous ?

Mon nom importe peu, imprononçable apparemment.
Se couvrir dans l’anonymat, ça c’est excitant !
Je peux être Nicolas, Matéo ou autre Jean-Charles,
Mais on m’écoute maintenant, car c’est moi qui parle.

Pour plusieurs d’entre vous, la défaite est synonyme d’échec,
On a déçu les plus grands orateurs, de Socrate à Sénèque.
Mais il faut le voir comme quelque chose de bénéfique
Au lieu d’agir de façon dépitée ou colérique.

Pensez à toutes ces fois d’après où vous vous dépasserez, Pour rattraper cette occasion que vous avez manquée
Car ce coup dans l’ego qui vous a remis à votre place,
Il faut la voir comme un service et même un signe de grâce.

À quoi vous sert de vous limiter à la frustration ?
C’est facile de le voir comme un manque de fierté ou une punition.
On me prend pour un fou, vu que certains ont les yeux levés.
Il se peut que je parle beaucoup, on devrait peut-être m’isoler.

Mais je me fiche de l’avis que vous avez sur moi !
Je pourrais même vous insulter, avec bonne ou mauvaise foi,
Sous forme de discours, poème ou chant grégorien.
Je me moque de vous autant que l’art contemporain !

Il faut comprendre que ça fait mal de répandre ou conserver cet aigrissement.
On creuse sa propre tombe, on n’en parle pas ou on ment.
Mais personne ne veut rien changer, on suit tous les normes
Et c’est ainsi que l’on reste à vie des copies conformes.

Je m’adresse évidemment aux « perdants » de ce soir,
Sans oublier le jeune public qui est venu vous voir.
Unissez-vous, pour qu’au lieu de vaincre cette calamité
On apprenne plutôt à vivre avec humilité.

N’oubliez pas, vous avez toujours un objectif à atteindre,
Que ces opportunités puissent vous motiver et non vous restreindre.
Comme on dit, le phénix de ses cendres va renaître
Et comme l’a prouvé Aristote, l’élève dépasse toujours le maître.

Aujourd’hui Ignacio fait partie des candidats au concours RÉCIPROQUE. Vous aurez peut-être le plaisir de le rencontrer lors des phases finales et si cela n’est pas le cas, j’en suis certaine, vous entendrez encore parler de lui!



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